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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 13:53

visuel-pour-blog.jpg

 

 

Texte et mise en scène: Clyde CHABOT
Assistant à la mise en scène : Marc DUPREZ
Scénographie : Anne-Sophie TURION
Lumière : Grégoire DE LAFOND
Vidéo : Muriel HABRARD
Guitare : Xavier GUERLIN
Créateur Sonore : Johann LOISEAU
Régie : Guillaume RAINERI

Avec
Eric ANTOINE
Marc BERTIN
Xavier GUERLIN
Muriel HABRARD
Anne-Sophie JUVENAL
Grégoire DE LAFOND
Johann LOISEAU
Aliénor dE MEZAMAT
Avec l’aimable participation en image de Gianfranco PODDIGHE

pour plus d'informations sur la compagnie: www.inavouable.net


Revivre une dernière fois le ou les moment(s) où sa vie affective a basculé… du conte de fées à la solitude, de l’ivresse à la conscience. Et grâce à l’aide d’une équipe 
technique, faire œuvre de ces moments pour en garder la trace filmique. Télécharger ces vidéos sur un blog* ouvert à tous (acteurs, spectateurs, internautes) 
spécialement conçu à cette fin.

Telle est la méthode proposée par La communauté inavouable aux acteurs-participants, réunis en cercle sur des chaises dans un climat de bienveillance. Pour leur permettre de se détacher de leurs blessures et d’envisager un nouvel avenir affectif.

Les spectateurs, qui peuvent témoigner de leurs propres vies sur le blog*, assistent à ces séances comme observateurs. Deux hommes et deux femmes vivent l’expérience sous leurs yeux, encadrés par un instigateur, une vidéaste, un créateur sonore et un éclairagiste.
La communauté inavouable fête ses vingt ans cette année et retrouve ici ses principaux interprètes ainsi que les fondements de son écriture scénique : perturbation des 
rapports entre réel et fiction, acteurs et techniciens, corps et machines, tragédie et humour.
*http://lacommunauteinavouable.tumblr.com/.

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 13:36

-1

le 7 mars à 14h30 et 18h, le 9 mars à 14h30 et 20h

 

Texte : Claire CHOLLET
Mise en scène : Aliénor DE MEZAMAT
Jeu : Claire CHOLLET, Alice MERCIER
Musicien : François LEPAGE
Lumière : Pierre ZACH
Construction d'objets : Alice MERCIER


Le texte Luce de Lune a reçu les Encouragements du C.N.T.
Une version illustrée est disponible aux Editions du Lampion

pour plus d'informations sur la Compagnie: www.ciedudehors.fr/  

 

Spectacle jeune public à partir de 7 ans, durée: 55 minutes

 

« Luce de Lune vivait dans la boutique du Soulier
C'était une boutique où l'on fabriquait des souliers en peau
En peau de vache
En peau de chèvre
En peau d'élan, de cerf, de kangourou, de pécari »

Les clients défilent, des banquiers et horlogers de la petite ville aux reines de Sibérie et d'Ethiopie, avec des demandes plus ou moins abracadabrantes.
Un jour se présente une étrange créature souffrant de troubles de hauteur.  
Luce de Lune pourra-t-elle accéder à sa demande ?

 

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 13:45

 

visuel-corps-et-ames.jpg 

 

Texte et mise en scène: Azzedine HAKKA
Chorégraphie: Dalila BELAZA
Scénographie et costumes: Camille DUCHEMIN
Création lumières: Rémi NICOLAS et Marylin ETIENNE-BON
Vidéo: Amine KOUTI
Son: Fabrice COLTRO, Nassim KOUTI et Réda ZNIBER
Avec: Aude ANTANSE, Julie CLOT, Cyrinne DOUSS, Chloé SOURBET
 
 
Partenaires: les Cré'Arteurs, Collectif Jour et Nuit, Université Paris 8, Crous Créteil, Mairie de Paris, Préfecture des Hauts-de-Seine, la Fabrique mc11
La Compagnie Chouia Théâtre est en résidence à Gare au Théâtre
 
Les prochaines dates: les 2,3,9 et 10 mars 2012 à 
Gare au Théâtre
13 rue Pierre Sémard
94400 Vitry-sur-Seine
www.gareautheatre.com
 
pour plus d'informations sur la compagnie: www.ciechouiatheatre.net

 

 

Anna exerce le plus vieux métier du monde. Cette amoureuse de la Nature ne commence jamais sa journée sans boire son cher thé de Chine... Dès l'aube, son humeur change, de la nostalgie au mépris, elle se pose des questions, à propos de tout et de rien: les mots "corps" et "âme" la chagrinent aujourd'hui. Savision du corps lui est propre. Jusqu'à la fin, on se demande si le hasard changera les choses et changera sa conception du corps dans la société. Peut-être.
Teaser: www.theatre-video.net/video/Corps-ames-Les-episodes-d-une-vie

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 15:12

 

                                                    numérisation0003

                                                    photo: Thomas DUVAL / plasticien: Victor FERES

                          

 

Texte: Alice ZENITER
Mise en scène, scénographie, lumières: Urszula MIKOS

Création vidéo: Grégory MAC GREW / création vidéo (ministre): Matthieu TERRIEN

V.Jing: Eric ANGELS

Assistante: Jeanne MOYNOT

Avec: Jean-Baptiste AZEMA, Nathan GABILY, Michel QUIDU, Pearl MANIFOLD, Bruno PESENTI, Yves-Robert VIALA et sur la vidéo Régis IVANOV.

 

Création française / reprise, nouvelle version

Texte lauréat de l'aide à la création du CNT, DMDTS, aide à la reprise d'ARCADI

 

 

Une guerre où les amis d'hier deviennent les meilleurs ennemis. Une guerre fratricide... Répétition de cette histoire de l'humanité: "on se ressemble forcément quand on veut si fort la même chose." Une guerre propre comme celle que l'on voie à la télé ou que l'on lit dans les journaux. Une guerre qui, si elle n'est pas validée par l'image, n'existe pas.

 

Urszula Mikos découvre une fois encore un auteur. Elle présente la première pièce d'Alice Zeniter, jeune auteure et romancière, dans son lieu, ici à la Fabrique mc11.

 

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 15:12

"Le monde de tous les jours est peuplé d'événements médiatisés, neutralisés qui arrivent sous forme de flashs et de reportages inlassablement rediffusés. L'histoire est une histoire racontée à une société spectatrice et infantilisée. Plus besoin de la vivre."

 Alexandre Wong

                                                                                                                                                      Comment faire théâtre de la guerre contemporaine, s’est posée comme question la jeune dramaturge Alice Zeniter. A l’heure de la communication reine, le théâtre des actions laisse la place à la médiation de sa relation. La mise en scène d’Urszula Mikos nous montre une représentation de la représentation, qui englobe le spectateur mais le cantonne dans son rôle de spectateur, jouant sur la frustration et la mise en abyme.

L’auteur a travaillé sur les clichés relatifs à l’armée et leur dualité passe-partout : la femme, repos du guerrier et l’attrait de l’uniforme, l’homosexualité latente et la virilité, l’honneur et la brutalité, les frappes dites « chirurgicales » de la guerre contemporaine, l’horreur et l’innocence…

La scénographie d’Urszula Mikos situe d’emblée un terrain militaire dans le désert, avec des sacs de sable entassés en fond de scène, des branches d’arbre mort stylisant l’extérieur, quelques éléments épars. Mais il est empreint d’irréalité, car les murs, les sacs, le lieu pour tout dire, sont badigeonnés de blanc, renforçant l’impression de cube de la scène et de son étrangeté, un ailleurs improbable. Les objets disséminés sont une épure. L’image du terrain militaire s’impose mais en même temps elle sonne comme un décor, un factice revendiqué.

Evelyne Bennati

 

Des caméras omniprésentes comme seuls remparts contre cette barbarie.Elles cherchent le héros. Elles tentent de préserver son image, de préserver les dernières miettes de beauté – ou plutôt de réinjecter de l'humain là où il n'y a déjà plus que des monstres.Une caméra qui retient de verser dans la barbarie, parce qu'on sait que ceux qui nous aiment nous verront et qu'ils ne nous reconnaîtront pas, ne nous accepteront pas dans cet état. Des caméras qui se désintéressent parce qu'il n'y a pas assez. Pas assez de quoi? «Si les caméras ne reviennent pas, on aura l'air de tueurs.» A trop vouloir jouer aux petits soldats, on finit par exposer ses tripes au grand air. Ca sent mauvais. Les horreurs perpétrées sont toujours plus visibles quand on perd.

 

Marianne Bruno

 

Facilement manipulé et fabriqué par des forces extérieures : le pouvoir des médias, d’une certaine culture, de la politique le monde virtuel des rêveries, des fantasmes, des obsessions peut se révéler fallacieux. Le décalage entre la vie réelle, parfois prosaïque et dure, et un monde « imagé » et virtuel ne peut nous amener que vers la frustration et la perte de contrôle de soi ou vers la somnolence et la passivité.

La société nous offre d’ailleurs de plus en plus de moyens pour augmenter ce décalage : la vie de tous les jours se durcit alors que « les écrans » se colorent, se peuplent de jeux, les journaux se remplissent d’articles hagiographiques, de descriptions de personnalités modèles, de philosophie vulgarisée. Ces filtres contribuent à dissoudre notre conscience dans des détails commerciaux, nous fabriquant tendances et modes, sorte de drogues à notre portée pour nous isoler de plus en plus et nous ôter toute possibilité d’agir. Si l’art pouvait apparaître comme une échappatoire possible, il s’est laissé progressivement contrôlé par un pouvoir marchand et une nouvelle race régnante, celle de l’intellectuel bourgeois légèrement bohème.

Urszula Mikos

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 17:40

 

Les 20, 21, 22 et les 26, 27, 28, 29 octobre 2011 à 20h ; les 23 et 30 octobre à 17h

 

Conférences, confessions, performances   

spirale

 

Dans le cadre des Uberyou, Urszula Mikos propose le festival « Machine à détestation » : une série de conférences qui interrogent la prolifération des discours rassurants, volontaires, déterminés, le besoin maladif de figures des leaders. Chacune à leur manière, elles peindront le tableau de nos étranges rites, de ces jeux de pouvoir, de ces jeux de paroles parfois radicales, stimulantes, touchantes, parfois ridicules, absurdes ou manipulatoires…

PROGRAMME

20 octobre 20h :
Bibliographies, de Cyrille Martinez, avec Cyrille Martinez et Yves Robert Viala.

Conférence sur l’ouïe, inspirée de Thomas Bernhard, adaptation Urszula Mikos.
Avec Régis Ivanov.

La Campagne du Roi Iota, mise en lecture du scénario du film de Murielle Habrard.
Avec Frédéric Perigaud et Tomasz Kowalski.

21 octobre 20h :
Performance de Patricia Lemerson, en collaboration avec l’auteur Lisa Lacombe et le photographe Sébastien Durand.
Scénario pour trois conférenciers,
collage-montage d’Urszula Mikos d’après des textes de Boguslaw Schaeffer,  Thomas Bernhard, Daniil Harms, Kurt Schwitters… Avec Anne-Sophie Juvénal, Perle Palombe et Jean-Baptiste Azéma.

22 octobre 20h et 23 octobre 17h :

La Conférence, de Christophe Pellet, mise en scène Matthieu Roy, jeu Philippe Canales.

26 et 27 octobre 20h :

L’art content pour rien, de et par Yvan Gauzy.

28 octobre 20h :

Le monde n’existe pas, texte de Daniil Harms, Jérôme Couillerot, Maryanna Franceschini.
Adaptation et jeu Fehmi Karaarslan.
Conférence sur l’ouïe,
inspirée de Thomas Bernhard, adaptation Urszula Mikos. Avec Régis Ivanov.

29  octobre :

18h  Sicilia, de et par Clyde Chabot /La Communauté inavouable. Regard extérieur
         Stéphane Olry.                    [ ATTENTION jauge de 20 places maximum ]

20h  Sicilia (Clyde Chabot).       [ ATTENTION jauge de 20 places maximum ]

21h10 Le monde n’existe pas (Fehmi Karaarslan).

30 octobre 17h :

Croisement, texte et mise en scène Josée Drevon, jeu Pearl Manifold.

Egalement au programme un court-métrage la Femme côtelette et une vidéo Concert de Mariette Auvray.

RESERVATIONS au 01 74 21 74 22.
Tarifs :
10 € par soirée.
Etudiants, chômeurs, précaires, intermittents et Montreuillois : 1 place pour 2.

Passe festival : 20 € pour 4 soirées ou 35 € pour l’ensemble de la programmation.

 

 



 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 17:38

 

Et si l’on oubliait la théâtralité, ses énigmes, ses sempiternelles questions pour revenir à un essentiel… pour interroger le plus simple évènement humain, politique, littéraire ?

La prise de parole devant public, la volonté de convaincre autrui, de se le rallier, de lui révéler une vérité ignorée tient de la magie. Combien de fois notre monde, nos petites existences ont-elles été transformées à cause d’un discours, d’une conférence ? Combien d’hommes ou de femmes se sont-ils révélés ou oubliés en prenant la parole ?

Le festival proposé par Urszula Mikos tentera de cerner ces moments privilégiés où tout se dit, se trahit… dans la passion, l’habilité ou la maladresse.

Quoi de plus légitime que d’interroger cette forme étonnante et extrême, sans doute la forme sociale, réelle, la plus proche de l’art ? Un individu s’octroie ou se voit octroyer le droit de s’adresser à la communauté. Possesseur d’un savoir, d’un pouvoir ou d’une compétence singulière, il expose un point de vue univoque. En général aucune remise en question possible dans ce processus… le conférencier est là pour convaincre ou expliquer, voire séduire.

Il semble alors intéressant de décrypter et de figurer l’ensemble des mécanismes qui président à ce jeu de société : les poses, les techniques rhétoriques, les attitudes liées à cette performance. Autant d’éléments qui concourent aussi, parfois, à manipuler, à tromper l’auditoire.

Evidemment, il devient possible de montrer les dérapages éventuels… D’un côté, on peut percevoir les excès liés à la griserie de cette prise de pouvoir par la parole, à sa violence possible – car s’adresser efficacement à la foule ne suppose pas d’avoir quelque chose de légitime à dire. La plupart des hommes politiques nous le prouvent continuellement, même si leur statut ou leur technique leur permet de poursuivre inlassablement leurs « jeux ». De l’autre, on peut distinguer les dérives, les maladresses liées à la pression de ce moment d’exposition, à la fragilité du conférencier, à son inadéquation à sa tâche. Que se passe-t-il quand, mal outillé, mal préparé, on se trouve incapable de formuler une pensée convaincante, qu’on se met à errer à travers ses propres pensées, ou affects ? Que montre-t-on vraiment ?

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 17:36

 

 

 

 

 

Bibliographies

De Cyrille Martinez, avec Cyrille Martinez et Yves Robert Viala.

Bibliographies est d’abord un livre de Cyrille Martinez, une bibliographie exhaustive de tous les Premiers ministres et Présidents de la 5e république, de Michel Debré à François Fillon et de Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy, avec, en notes succinctes, quelques sèches indications quant au contenu de ces ouvrages. Aucune analyse ici, aucun commentaire mais une info brute sous forme de liste. Bibliographies est désormais une performance scénique de l’auteur, qui porte un regard singulier sur le monde politique, son exercice et son historicité. Avec ses portraits bibliographiques d’hommes politiques, Cyrille Martinez poursuit un travail basé sur la récupération et le détournement. Son travail repose sur ce qu’on pourrait appeler « l’infralangue », une langue qui ne veut pas avoir l’air de dire et dit sans dire.

 

Cyrille Martinez est né en 1972 en Avignon. Poète, écrivain, il collabore à différentes revues (Minimum rock’n’roll,  Le Cahier critique de Poésie, La Revue littéraire, Nioques, Hapax…). Il est l’auteur de L’Enlèvement de Bill Clinton (roman, éditions Les 400 coups, 2007) ; Bibliographies : Ve République, Premiers ministres & Présidents (Al Dante, 2008) ; Liberté sexe éducation (éditions One star press / galerie Laurent Godin - catalogue de Corinne Marchetti coécrit avec Richard Dailey) ; Chansons de France (éd. Al Dante, 2010) et de Deux jeunes artistes au chômage (Editions Buchet-Chastel, collection Qui vive. 2011).

Il est également musicien dans les groupes FrancePo et Jaune sous-marin. Depuis 2000, il a donné de nombreuses lectures publiques : Marseille (CIPM, Friche Belle-de-Mai, Montévidéo...), Paris (ENSCI, ARC-Musée d’art moderne), Lyon (la poésie/nuit), Genève (Piano Mobile), Mouans-Sartoux (Espace d’art concret), Aix-en-Provence (3 bis f), Avignon (Collection Lambert), Rennes (Le Triangle), Alexandrie (Centre culturel français), Limoges (Théâtre de l’Union/Manifesten), Londres, Sarajevo...

Conférence sur l’ouïe

Spectacle inspiré de « La Plâtrière » de Thomas Bernhard,
conception Urszula Mikos. Avec Régis Ivanov.

Expression d’un nouveau type de cerveau qui se veut engagé, provocateur, anarchiste peut-être. Une obsession anime le personnage, la recherche d’un moment de concentration absolue, nécessaire pour une activité indispensable et énigmatique : une recherche scientifique, l’écriture d’un traité sur l’ouïe. Tourmenté par ce besoin d’exister, d’accomplir un acte parfait, mais déchiré par son impuissance, il se referme sur lui-même et refuse le monde. Son existence se réduit alors à une observation infatigable et maniaque de lui-même, le menant peu à peu vers la névrose puis aux limites de la folie.

 

Urszula Mikos est metteure en scène, scénographe, pédagogue, fondatrice des théâtres du Proscenium (1996/2008) et la Fabrique mc11 (2009)

Son parcours théâtral est jalonné de rencontres avec Tadeusz Kantor, Jerzy Grotowski, Matthias Langhoff, Robert Wilson, Peter Stein, Piotr Fomienko... Elle quitte la Pologne en 1986 et arrive en France en tant que réfugiée politique. Elle signe ses premières mises en scène dans l’Hexagone en 1988. Elle obtient le Grand Prix des 18èmes Rencontres Charles Dullin pour Trio d’après l’œuvre de Boguslaw Schaeffer et le prix de la Meilleure création des petites scènes en 1997 ainsi que le Grand Prix Spécial du Jury Etudiants et Théâtre du site Le Souffleur, pour son Antigone à New York de Janusz Glowacki. Depuis elle a crée une vingtaine de spectacle, s’attachant à faire découvrir des textes inconnus en France. Parallèlement, elle poursuit un travail d’expérimentation théâtrale avec des spectacles-installations sous le titre générique des UBERYOU. Avec Olivier Cohen, elle développe un important travail sur le théâtre musical. Elle mène enfin, depuis plusieurs années, une recherche sur les méthodes de formation du comédien créé sa propre école : « L’Acteur instrumental ».

La Campagne du Roi Iota

Mise en lecture du scénario du film de Murielle Habrard. Avec Frédéric Perigaud et Tomasz Kowalski.

« Dans une contrée très lointaine, bien au-delà de nos frontières, c’est l’histoire d’un Roi à qui l’on annonce sa déchéance, son peuple a fait la révolution. Non pas que les hommes détestent ou contestent son autorité, mais ils ne supportent plus de ne pouvoir choisir par eux-mêmes leur gouvernant. Ils ont pris l’idée saugrenue d’organiser des élections. Si le Roi Iota veut retrouver son trône, il doit alors se lancer dans une campagne électorale acharnée… »

Ce film court cherche à mettre en exergue de façon burlesque les ingrédients qui servent à faire grimper les sondages : travail de l’image du candidat, discours très consensuels, regroupement de personnes connues à sa cause, photos « people », apparitions répétées dans les foires aux boudins… Le travail de séduction de l’électorat semble passer par la création de liens affectifs ou l’élévation du candidat au rang de célébrité et dénigrer sauvagement le débat d’idées.

Ces phénomènes m’interrogent sur nos choix de vote. Personne ne remet en question le fait de conserver ce choix, mais qu’en faisons-nous ? Sur quels critères basons-nous notre choix? A quel moment jaugeons-nous des idées du candidat ? Ne votons-nous pas uniquement sur les impressions qu’il arrive à nous faire passer ? Avons-nous réellement l’esprit libre devant l’urne ? A une époque où le taux d’abstention est toujours croissant, et où l’image des candidats est tant mise en avant, en quoi les élus portent-ils les idées de ceux qu’ils gouvernent ?

 

Muriel Habrard est née en 1977 dans le Nord de la France.

Après des études scientifiques et cinématographiques, elle se lance dans sa passion pour l’image et la mise en scène en réalisant des courts métrages (Lettre Posthume en 1998, prix FFCV du meilleur jeune réalisateur et meilleure musique originale, Ceci n’est pas un poème en 2002, sélectionné aux festivals Vidéoformes de Clermont Ferrand et Clap 89 à Sens, Elle(s) en 2005, diffusé au cinéma Le Denfert à Paris), ainsi qu’en adaptant Le Grand Cahier d’Agota Kristof en pièce de théâtre, joué au festival de L’Oseraie à Lyon en 2002. Elle met également en scène La Semeuse, de Fabrice Melquiot, à l’Alambic théâtre en 2006, qui sera repris dans une autre salle parisienne, le Théâtre 14, en 2008.

Parallèlement, elle recherche un moyen d’expression de l’image direct et plus instinctif. Elle travaille des images accumulées au fil des années et profite de la grande liberté du mixage en direct pour expérimenter le rapport avec la scène au sein du collectif VPM, regroupant artistes designers, scénographes, DJ et VJ. Elle se produit en leur compagnie dans les salles parisiennes du Batofar, Divan du Monde, Nouveau Casino et dernièrement en collaboration avec Moebius à La Bellevilloise en 2009. Par ailleurs, elle exerce la création vidéo pour le théâtre, la danse, l’opéra ou le concert depuis 2002 et travaille principalement avec Urszula Mikos (Kordian, Uberyou 2, Biomécanique, Manque, Hérodiade…), André Serre-Milan (Terra Incognita), Yaëlle Bacry (Didon et Enée), Isabelle Botti (Incarnation), Alexandra Badea (4:48 Psychose), Rémi Migliore (La machine a exploré le tempo)
Elle œuvre également depuis 2003 pour la compagnie Image aiguë de Christiane Véricel et l’a suivie dans ses tournées européennes (Via, Addio Mamma, Hasta Cuando, Zitto!, Ici Là-bas). C’est avec cette dernière que Muriel Habrard commence à réaliser des films courts en collaboration directe avec l’univers de l’artiste. Elle réalise en 2009 et 2010 une série de Workshops à partir du travail scénique de Christiane Véricel, ainsi que la vidéo Le Temps d’une Nuit pour les designers de KAOLINE en 2008 et un court métrage sur la collection Bonnie Sans Clyde en 2009 des stylistes MATTHIEUMARION, avec Julie Ferrier et Juliette Arnaud.

Elle a réalisé dernièrement La Course (2010), un court métrage présenté lors du festival Off Courts de Trouville.

 Performance de Patricia Lemerson 

En collaboration avec l’auteure Lisa Lacombe et le photographe Sébastien Durand.

Juste une fille qui va voir les gens parce qu’elle se dit qu’elle a de la chance. Juste une fille que vous croisez dans un train seconde classe, sur une autoroute, à Venise, dans un parc pour retraité. Juste une fille qui vous regarde : Patricia Lemerson vous dit quelque chose parce que si on ne parle pas on meurt.

Patricia Lemerson, portrait d’octobre 2011 : née à Montjoie dans le Cher, elle est sensible à la nature et aux beaux paysages. De son père agriculteur elle retient « la récolte » et s’invente un métier de « récolteuse ». Elle a suivi un cursus scolaire classique et se découvre une passion pour la géographie. Elle enchaîne les petits boulots ce qui lui offre la possibilité de découvrir la richesse géographique Française. Elle aime les villes du littoral sans pour autant bouder les villes intérieures. Au cours de ses déambulations, elle récolte de nombreux témoignages. Elle est blonde, intelligente, possède un profil Facebook, vous pouvez la joindre au 06 37 24 12 43.

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Après une formation à l’école internationale de Théâtre Jacques Lecoq, Lisa Lacombe retrouve en 2008 la compagnie Dérézo, avec laquelle elle collabore depuis plusieurs années. Elle participe en tant que comédienne à des créations mises en scène par Charlie Windelschmidt. Formée à la danse et à l'acrobatie, elle a de nombreuses expériences de jeu à la frontière des genres. Elle rencontre en 2006 Lionel Jaffrès et le Théâtre du Grain, et ils créent en 2009 Appetitus, à partir d'une écriture collective. Son travail se précise en direction de l'écriture, avec de courts textes pour le Kabaré Flottant, pour des chanteurs, mais aussi pour un scénario de film; en 2011 elle participe en tant qu'auteur au Festival Transe, à la Filature de Mulhouse, et obtient une aide à l'écriture en collaboration avec la compagnie Dérézo. Elle a parallèlement poursuivi un parcours universitaire, avec des études de Lettres et un Master 2 d'Etudes Théâtrales à Paris III.

Sébastien Durand est photographe indépendant depuis 2002. De sa formation en sociologie, il a gardé une technicité de l’approche et de l’observation qui le guide dans les milieux, souvent très variés, qu’il est amené à photographier (arts vivants, vie locale, entreprise, mode et décoration).
En dehors de ses travaux de reportage et de commande, il a développé une photographie plus personnelle autour du portrait et des visages. Il a exposé notamment au Centre d’Art Passerelle et au Centre Atlantique de la photographie. Il a participé dernièrement à une exposition collective sur l'île de Molène (Finistère) intitulée Vues de l’île et parrainée par Willy Ronnis. Depuis 2004, il travaille avec la Cie « trans-théâtral » Dérézo.

Scénario pour trois conférenciers

D’Urszula Mikos, d’après des textes de Boguslaw Schaeffer, Jean-Luc Lagarce, Thomas Bernhard, Daniil Harms, Kurt Schwitters, Gao Xijang…
Avec Anne-Sophie Juvénal, Perle Palombe et Jean-Baptiste Azéma.

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Les comédiens s’adressent au public, de manière récurrente, durant des sortes d’interruptions - conférences (souvent de tonalité maniaco-dépressive) sur l’art contemporain. De temps en temps, ces moments dérivent vers des actions para-théâtrales : dialogues privés, moments d’intimité ou de recueillement…Les prises de parole des comédiens - conférenciers se transforment en une sorte de partition musicale et émotionnelle produite par le vertige d'une parole logorrhéique.

Le spectateur entre alors dans l’univers particulier et délirant de ces trois « artistes engagés » qui basculent tour à tour entre la nécessité de création (performances), les questionnements sur l’art et des moments de pure intimité qui leur échappent. Dans ce type de théâtre, l’acteur apparaît comme l’objet de la dramaturgie et se trouve placé dans une situation qu’il doit explorer ou résoudre, de manière obsessionnelle et nécessaire.

La Conférence

De Christophe Pellet, mise en scène Matthieu Roy. Avec Philippe Canales.

(Comment devons-nous regarder les gens ? Quelles limites ? Lorsque moi je regarde quelqu’un : je le regarde vraiment, de tout mon être vers tout son être. Est-ce que cela dérange ? Ne devrais-je pas faire disparaître mon regard ?)

Sur la scène d’un théâtre, un jeune auteur d’ouvrages dramatiques Thomas Blanguernon doit tenir une conférence. Seulement avant même qu’elle ne débute, il regrette d’avoir accepté cette compromission : « une erreur fatale » qui sera le point de départ d’un long monologue.

En écrivant La Conférence - qui a reçu en 2009 le Grand prix de littérature dramatique – Christophe Pellet nous livre les pensées intérieures de ce jeune artiste qui prend distance avec le système dans lequel il évolue : système d’autant plus pervers qu’il broie, selon lui, les êtres mêmes qui le constituent.

Nous chercherons à faire entendre au-delà de cette situation théâtrale, les échos de cette conférence avec le monde de l’entreprise moderne : comment un individu peut-il encore s’épanouir dans un système dont il n’est considéré que comme l’un des rouages ? Quelles vexations doit-il subir et quels compromis est-il prêt à accepter sans se sentir corrompu dans tout son être ?

   

Formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, (promotion 2006), Philippe Canales travaille avec Dominique Valadié, Andrzej Seweryn, Daniel Mesguich, Michel Fau ; et participe aux ateliers Arpàd Shilling, Lukas Hemleb, Alain Françon. Au théâtre il joue notamment sous la direction de C. Weil dans Mars de Fritz Zorn ; Marion Lécrivain dans Cher Faust, ein tragödie ; M. Serra et T. Condemine dans Roméo et Juliette de Shakespeare ; F. Laudicina dans Le Tartuffe de Molière ; W. Arbache dans Checkpoints, Jorge Lavelli dans Chemin du ciel de Juan Mayorga au Théâtre de la Tempête, Jacques Kraemer dans Agnès 68 et Volodia Serre dans Le Suicidé de Nikolaï Erdman. Il met en scène Ubu Roi d’Alfred Jarry et Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 17:35

 

L'art content pour rien

De et par Yvan Gauzy

Yvan Gauzy 1

Clown, magicien, inventeur de machines étranges et fabuleuses, Yvan Gauzy nous embarque pour une conférence digne du Collège de Pataphysique. Avec sa balayeuse à pédales pour dérouter les suiveurs, sa corneille à papier citoyenne et sa machine à recycler les poupées Barbie, il surfe humoristiquement entre le théâtre d'objet et « l'art content pour rien ».

 

Yvan Gauzy  est fantaisiste, surréaliste, comédien, clown, magicien, inventeur de machines à rien, pataphysicien, échassier à pédales, humoriste drôle, plasticien modeste...

Le monde n’existe pas
Texte de Daniil Harms, Jérôme Couillerot, Maryanna Franceschini,
adaptation et jeu Fehmi Karaarslan.

clip_image002.jpg« Il y a bien des choses qui sont là mais qu’on ne regarde pas. Des choses que parfois on est le seul à entendre. Et, si par hasard, on ouvre les yeux pour s’approcher de cette frontière très floue qui limite (et unit) la raison et la folie dans le monde, il est bien possible que l’on se trouve devant « une aventure bien étrange ».

Il y a une question qui domine depuis toujours l’univers et qui est celle-ci : Pourquoi les questions dominent-elles l'univers ? Et cette question est une vaste question. Un seul être sur terre est capable d'y répondre : il s'agit de Monsieur FK.

Dans une conférence aussi passionnante que palpitante, il se proposera de résoudre une fois pour toute ce problème fondamental de l'humanité en élucidant des énigmes diverses…

 


Après sa sortie du Conservatoire National d'Art Dramatique à Eskisehir, en Turquie d’où il est originaire, Fehmi Karaarslan peaufine sa formation d’acteur à la Scène sur Saône (une école lyonnaise), s’essaye à l’art burlesque au Croiseur à Lyon, puis au cirque en intégrant le Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne, avant d’entrer au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris (classe de Daniel Mesguich) d’où il sort en 2010.

Il a déjà joué dans une demi douzaine de pièces en Turquie et en France, notamment dans A corps trouvé  (d'après les textes d'Antonin Artaud) mise en scène par Salvadora Parras,  Deuil (inspiré du « Journal d'un fou » de Nicolas Gogol, Humain profit, une création collective qui reçu le prix de Participation au Festival d'Avignon (2009), ou encore Becket/Hikmet, mise en scène par Barbara Hutt à la Maison des Cultures du Monde à Paris. Il fut également enrôlé dans quelques courts métrages

 

Sicilia

Texte, mise en scène et jeu Clyde Chabot / LA COMMUNAUTE INAVOUABLE. Regard extérieur Stéphane Olry.

Sicilia est un texte autobiographique, le monologue d’une voix, la mienne, qui tente de recoller les morceaux d’un passé familial presque perdu. Le carnet de bord d’un voyage que j’ai entrepris sur les traces de ma famille maternelle, mes grands-parents, mes arrière grands-parents, mes arrières arrières grands parents qui un jour ont décidé de quitter la terre de leurs origines « la Sicile » pour la Tunisie puis la France. Vers un avenir meilleur ou espéré comme tel.

Ce récit interroge aussi la migration intimement et collectivement, et ses conséquences, hier, aujourd’hui : quitter sa culture, sa langue pour tenter de se fondre dans une société, un pays d’accueil. Jusqu’à l’oubli et la dissolution presque totale de ses origines, parfois. A moins que certaines traces comme la vendetta malgré tout restent, remontent à la surface, dans certaines situations.

Le texte est augmenté de photographies prises lors d’un voyage en Sicile l’été dernier. Des photographies des villes et des espaces que j’ai visités et qui sont comme des traces archéologiques, les vestiges de ce passé enfoui, les preuves de ce réel effacé. Stéphane Olry (La Revue Eclair) accompagnera de son regard extérieur ma présence sur le plateau.

 

La communauté inavouable est soutenue par le conseil régional d’Ile de France

 

Après des études à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (section service public), un Doctorat à l’Institut d’Etudes Théâtrales de Paris III sur Le théâtre de l’extrême contemporain dans la société et le suivi du cursus de l’Unité Nomade de formation à la mise en scène (avec Matthias Langhoff au Burkina Faso et Piotr Fomenko à Moscou), Clyde Chabot a été l’assistante à la mise en scène de François-Michel Pesenti.

Elle fonde en 1992 la Communauté inavouable avec laquelle elle met en scène des textes de Heiner Müller : Hamlet-machine (2000-2010) ; Robert Pinget : L’Hypothèse (1997) ; Hubert Colas : Stranger than kindness, d’après Temporairement épuisé (1995) ; Yan Allegret : Ils tracèrent des chemins sans direction vers la nuit de leur corps (2003), Face à face : la nuit des corps au Burkina Faso (2001), Un peu de poussière de chair, la nuit (1998-1999) et ses propres textes : Comment le corps est atteint (2005-2006), 2007-2010 Médée(s) : tragicomédie. Elle a également réuni des textes de Jean-Paul Quéinnec, Frédéric Ferrer et Alain Béhar dans Avancer masqués. Elle développe une installation participative théâtrale et photographique depuis 2003 : Un musée (de théâtre).

Ces dernières années, elle a présenté ses spectacles et installations au Guling Street Theater à Taipei, à la Ferme du Bonheur à Nanterre, à l’Espace Khiasma aux Lilas, à la Kashiart Gallery à Kochi (Kerala, Inde), à Gare au Théâtre et au Studio Théâtre à Vitry-sur-Seine, au Point éphémère et à Confluences à Paris, à la Gare mondiale à Bergerac, aux Bancs Publics à Marseille…

Elle crée en 2006 au sein de la compagnie un Observatoire de la scène expérimentale. Elle initie en 2007 et 2008 OFF LIMITS / Programmation scénique expérimentale en Ile-de-France en partenariat avec six lieux d’Ile- de- France et coordonne en 2007 le numéro 184 de Théâtre / Public, Théâtre contemporain : écriture textuelle, écriture scénique. Depuis 2000, elle enseigne à l’Université de Bordeaux 3 en tant que metteur en scène associé.

Croisement

Texte et mise scène Josée Drevon, interprétation Pearl Manifold.

« Je suis souvent assaillie. Par ce que je vois, ce que je regarde et par ce que j’entends. Ne parlons pas de ce que je lis car parfois c’est très dur, violent et désespérant. Mais parfois ça change ma vie. Rencontrer une pensée qui articule ce que je ressens, me remet à ma place quand je me trompe, me dirige ailleurs, là où je peux continuer ma route moins obtuse et désemparée ; c’est ce que je préfère. Par exemple, Cioran n’était pas de cette famille, pour moi. Trop besoin d’être rassurée. Il m’a assaillie longtemps comme un assassin au coin d’un bois. Il m’a fait mal à l’humanité. Un jour, j’avais vieilli et il m’a mise de bonne humeur. Comme tous ceux de mauvaise foi, il décape et force à connaître ses valeurs personnelles sans trompette ni affichage. Il en faut des écrivains comme lui face aux certitudes. Un jour j’ai lu une pièce italienne. Je ne me souviens plus de qui.

Mais des personnages oui. Il y avait une femme et sa femme de ménage. Un drame. Elle m’inspira une nouvelle. Un autre jour, j’ai lu un livre : Funky Business. Assaillie j’ai été. Cet essai était terrifiant. «  Vous allez découvrir de quoi le nouveau monde est fait. Oubliez l’ordre établi. Oubliez ce que vous saviez hier encore… » promettait-il. Assaillie. Terrifiée. En fait j’ai peur de tout. Chacun a peur aujourd’hui et croit qu’il va s’en sortir tout seul quand il ne pense pas qu’il ne va pas s’en sortir du tout. Le texte Croisement, je l’ai monté après mes lectures, en pensant à Pearl Manifold. C’est une jeune femme d’aujourd’hui. Une comédienne. Elle doit mener son bateau au milieu des icebergs et des requins. Le personnage de cette histoire n’a rien à voir avec elle sauf cette fichue obligation d’avancer dans un monde plein de barrières et de pièges. Sauf que dans les histoires on s’amuse à se faire peur avec le pire. Je crois en des jours meilleurs partagés. Mais quand même il y a des périodes plus dangereuses que d’autres ».      

Josée Drevon

 

Formée à l’ERAC, école nationale de Cannes, par notamment Philippe Demarle, Elisabeth Mazev, Anne Fischer, Catherine Marnas, Christine Bernard-Sugy, Daniel Danis, Jacques Rebotier, David Lescot ou Alain Fourneau, Pearl Manifold y est recrutée par Alain Françon pour qui elle joue L’Hôtel du libre échange de Georges Feydeau, Naître d’Edward Bond au Théâtre de la Colline ou Demeurent de Daniel Danis à Montevideo Marseille.

Elle joue également auprès de Guillaume Dujardin, dans la Cerisaie d’Anton Tchekhov ou la Deuxième Bataille d’Isonzo d’Howard Barker au CDN de Besançon, de Ludovic Lagarde et Laurent Poitreneaux pour une série de lectures au Festival d’Avignon In, de Georges Lavaudant Conférences et petits fours au théâtre de l’Odéon et de Didier Carette dans Dogs Opera au Théâtre Sorano de Toulouse. Elle travaille également auprès d’Etienne Pommeret pour Ce siècle avait deux ans d’après Victor Hugo, de Roméo Castelluci dans Tragedia Endogonidia M# 10 (en Italie et aux Bernardines de Marseille) ou dernièrement auprès d’Urszula Mikos dans Spécimens humains avec monstres d’Alice Zeniter.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 17:30

 

 

 Spécimens humains avec monstres

d’Alice Zeniter, mise en scène par Urszula Mikos

 

Texte lauréat de l’aide à la création du CNT. DMDTS.

Aide à la reprise d'ARCADI.


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  Photo : Thomas Duval  / plasticien Victor Férès

 

 

 Avec

Jean-Baptiste Azéma

Nathan Gabily

Catherine Gendre (sur vidéo)

Michel Gravero (sur vidéo)

Michel Quidu

Pearl Manifold

Yves-Robert Viala

...

 

Vidéo : Grégory Mc Grew, Eric Angels

 

 

Une guerre où les amis d’hier deviennent les meilleurs ennemis. Une guerre fratricide... répétition de cette histoire de l’humanité : « on se ressemble forcément quand on veut si fort la même chose. » Une guerre « propre » comme celle que l’on voit à la télé ou que l’on lit dans les journaux. Une guerre qui, si elle n’est pas validée par l’image, n’existe pas. Une première pièce d’Alice Zeniter, jeune auteure et romancière de 24 ans.

 



 
Entretien avec Urszula Mikos

  

Qu’est-ce qui vous a donné envie de monter cette pièce ?

 

U.M. : La pièce d’Alice Zeniter nous parle de la guerre, ce qui n’est pas nouveau comme sujet. Spontanément, ce n’est pas le genre de textes qui m’attire car il très facile de se faire entraîner sur la pente du spectacle à message. Il s’agit aussi d’une thématique très connotée, qui résonne avec l’actualité. Or, je ne veux pas transformer la scène de théâtre en un simple lieu de débat. Le travail théâtral doit se projeter bien au-delà.

 

La guerre apparaît ici comme un prétexte pour toucher quelque chose de plus universel. La mise en scène de l’armée est représentative d’un phénomène essentiel : la volonté d’appartenir à un groupe, à une communauté, parfois pour mieux abandonner sa responsabilité d’individu. Ce qui est omniprésent dans cette pièce, c’est cette glorification de l’uniformisation.

 

Un autre élément intéressant est le rapport aux médias. A une époque où nous sommes en permanence submergés d’informations, paradoxalement, nous comprenons de moins en moins ce monde dans lequel nous vivons. C’est un peu la même chose dans cette pièce. Plus on plonge dans l’univers de la pièce, plus on a l’impression d’être dans un monde fantasmé, fictif, étrange, éphémère…

Facilement manipulé et fabriqué par des forces extérieures : le pouvoir des médias, d’une certaine culture, de la politique le monde virtuel des rêveries, des fantasmes, des obsessions peut se révéler fallacieux. Le décalage entre la vie réelle, parfois prosaïque et dure, et un monde « imagé » et virtuel ne peut nous amener que vers la frustration et la perte de contrôle de soi ou vers la somnolence et la passivité.

La société nous offre d’ailleurs de plus en plus de moyens pour augmenter ce décalage : la vie de tous les jours se durcit alors que « les écrans » se colorent, se peuplent de jeux, les journaux se remplissent d’articles hagiographiques, de descriptions de personnalités modèles, de philosophie vulgarisée. Ces filtres contribuent à dissoudre notre conscience dans des détails commerciaux, nous fabriquant tendances et modes, sorte de drogues à notre portée pour nous isoler de plus en plus et nous ôter toute possibilité d’agir. Si l’art pouvait apparaître comme une échappatoire possible, il s’est laissé progressivement contrôlé par un pouvoir marchand et une nouvelle race régnante, celle de l’intellectuel bourgeois légèrement bohème.

  

Depuis très longtemps, je m’intéresse aux auteurs vivants parce qu’ils sont en phase avec l’actualité. Leur langage, leurs personnages, l’éclatement de la structure théâtrale, de la forme traduisent notre rapport au monde chaotique. Mais ce qui m’intéresse avant tout dans leur texte, c’est cette force que l’on retrouve dans les textes classiques, cette capacité à placer la nature humaine au centre du propos, à universaliser.

  

Qu’est-ce qui vous interpelle spontanément dans l’univers de Alice Zeniter ?

 

U.M. : À la lecture de ce texte, j’ai été frappée par le sentiment que les personnages s’apparentaient plus à des figures, qu’à des êtres de chair et d’os. La femme du général Pol, par exemple, est décrite comme l’archétype de la femme parfaite. Chaque minute de sa vie est réglée, calculée, ciselée. Elle sculpte sa vie comme une œuvre d’art. L’apparence a pris le pas sur l’être, l’individu. Il semble alors inévitable que quelque chose déraille.

 

Tous les personnages sont obsédés par l’idée d’apparaître comme des héros à la caméra. Mais ça ne les empêche pas de commettre des actes monstrueux, hors champ. L’important est de sauver les apparences.

 

Quelles pistes de mise en scène pouvez-vous imaginer à ce stade de votre travail ?

 

U.M. : Lors des représentations, je voudrais insister sur le vertige et le mélange des langages, les univers qui se côtoient. J’aimerais aussi souligner la superficialité du spectaculaire produit par les images et médias, et lui opposer la violence d’émotions qui ne parviennent pas à se former ou se manifester.

Et pour révéler cette énergie, il semble important de transporter la scène par une véritable force de jeu... le spectateur séduit par le spectaculaire, par le vertige des sens,  la puissance des paroles manipulatrices, par l’envie de communion pourra ainsi être projeté soudainement vers le vide et la nudité... Cette moderne catharsis le mettra face à ses propres envies : le plaisir facile du voyeurisme et de l’autosatisfaction - il n’existe ainsi rien de plus démoralisant qu’un théâtre fier de lui, qu’un public qui applaudit lorsqu’on vient de flatter ses tendances et par là de le tromper. Pensant à l’époque nazie, Bond écrivait que tout uniforme appelle la nudité... le plaisir trompeur appelle à des somnolences et à la dissolution de l’être, l’engagement fanatique nous évoque les stades et la nudité des cadavres.

 

urszula-mikos.over-blog.com

 

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