Partager l'article ! Pourquoi une nouvelle scène de création? Du devoir du théâtre.: Nous vivons une époque de transition, peut-être de dégradation…, et si l ...
Nous vivons une époque de transition, peut-être de dégradation…, et si l’on peut se demander si naîtra de cette période un monde renouvelé ou au contraire le chaos, le seul point dont nous pouvons rester convaincus, c’est que pour l’instant, l’image de notre futur apparaît confuse, floue et instable.
Le théâtre s’attache bien sûr à combattre et à représenter cette perdition, cette difficulté d’appréhender le monde ; il révèle l’image de notre errance et interroge notre relation complexe avec cet univers en perpétuelle mutation. On pourrait même dire qu’il ne se montre jamais aussi riche que lorsqu’il révèle la complexité de cette crise et la désintégration mentale qui éloigne l’homme de toute patrie spirituelle structurante.
Le théâtre apparaît comme un acte total qui doit tenter de révéler tous ces phénomènes dans leurs densités, leurs associations et exige non seulement qualité de conception et d’analyse, mais surtout intuition et don d’observation… l’espoir du créateur étant de saisir des moments d’évidence, d’illumination, de vision, de pressentiment afin de les traduire sur scène et de les cristalliser.
Urszula Mikos
Si peu de pays possèdent autant de dispositifs que la France pour encourager et accompagner la création, rares sont les territoires où l’énergie se perd aussi désespérément en querelles de chapelles ou en blocages sectaristes.
En premier lieu, on assiste le plus souvent à une opposition entre le patrimonial, le commercial, souvent lié à une recherche déterminée du public et d’autre part l’orgueilleuse construction de baronnies culturelles. D’un côté, des spectacles, souvent d’économie privée, valorisant le répertoire, les thèmes en vogue, les personnalités reconnues, parfois avec succès, de l’autre des espaces réservés, contrôlés par quelques trop rares personnalités. Du point de vue musical, d’un côté, une musique consonante, néo-classique, de l’autre un modernisme souvent attendu.
En second lieu, les créateurs souffrent de la difficile mise en œuvre de leurs projets. Si l’on ne joue pas dans les quelques lieux de la modernité reconnus, il semble presque impossible d’obtenir les moyens nécessaires ou de rencontrer le public… ce qui touche bien sûr les plus jeunes, les plus fragiles, les plus marginaux. Les moyens distribués dans les années 80 ne peuvent augmenter et restent donc aux mains de quelques-uns ou de leurs lignages.
Un espace tel que la Fabrique s’attellera à la valorisation des créations ambitieuses, originales et déterminées… ne se contentant pas de mettre à disposition une scène et des moyens techniques dans un strict partage de recettes, mais tentant d’accompagner les structures les plus fragiles, techniquement, et administrativement.
Dans notre époque timide, velléitaire, caractérisée par la dégradation des valeurs, par un individualisme forcené, un consumérisme irréfléchi, un lieu de recherche se voulant alternatif mais exigeant se doit de proposer une création apte à rendre compte de l‘évolution de notre civilisation, apte à l’analyser, à interroger ses rapports au monde ou à l‘histoire. Sans vouloir proposer un théâtre uniquement politique, il semble indispensable de valoriser des dramaturgies, des poésies constituant un véritable acte total, interrogeant notre réalité dans sa complexité et son ambiguïté.
Olivier Cohen
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||