Les 5, 6, 7, 9, 10, 12, 13 novembre 2015 à 20h
dimanche 8 novembre à 17h
relâche le 11 novembre
Trio d’après l’œuvre de Boguslaw Schaeffer,
mise en scène, adaptation, traduction: Urszula Mikos
avec: Régis Ivanov, Michel Quidu, Olivier Werner
co-traduction: Olivier Cohen
Trio ou Les fondamentaux de la scène/ Michel Corvin
Les Trois complices de Trio n’ont rien à dire, mais ils le font bien ! « Font » et non « disent » car c’est avec leur être tout entier, de leur voix à leurs chaussettes, en un mot de corps à corps – du leur au nôtre - qu’ils transmettent l’intensité de leur présence. Nul besoin pour nous spectateurs d’attacher la moindre attention au contenu de leurs discours, volontairement prétentieux, creux ou décousus et révélateurs d’une médiocrité globale qu’il ne faut attribuer, bien sûr, ni aux comédiens, ni au metteur en scène ni à l’auteur, mais à l’époque et à sa pauvreté mentale et psychique.
Ce que les comédiens proposent, ce sont les fondamentaux du plateau, à savoir : les jeux du rythme, du son, de la vocalité, de l’articulation, de l’élocution ; et du corps manié comme un tire-bouchon. Dans toutes les torsions envisageables : souple, adroit, titubant, écrasé, clownesque, brutal, menaçant, tout ce qui en somme constitue la grammaire du comédien. Même chose dans l’expression des affects : sans autre motivation qu’une réalisation de qualité, cela va de l’emphase au colérique, de l’amical au boursouflé, chaque attitude, mouvement, changement de ton étant travaillé pour lui-même. Car le lien des paroles n’est que le support secondaire de leur dynamisme d’acteurs.
Voilà une prestation qu’il serait bien utile de présenter dans les écoles de comédiens pour montrer aux débutants comment on fait exister l’irréel, comment on fait rire, comment on émeut, avec seulement toute un série de masques invisibles qu’on se colle sur le visage, le temps d’un regard ; le corps tout entier devenant lui-même masque pour se métamorphoser, le temps d’une pirouette ou d’une bourrade, en une pléiade de fantoches virtuels.
à Michel Corvin ce grand homme de théâtre qui nous a quitté le 20 août dernier,
en remerciement de sa générosité, son dévouement et l'inaltérable passion
qu'il a toujours si merveilleusement su transmettre.